Le monde colorié à la main à la Galerie Roger-Viollet

Le monde colorié à la main à la Galerie Roger-Viollet

Du 26 février au 6 juin 2026, la Galerie Roger-Viollet nous transporte à la fin du XIXe siècle avec une exposition consacrée aux photographies coloriées du studio Léon & Lévy (1864-1917). À cette occasion, la galerie rassemble une soixantaine de tirages datés entre 1865 et 1900, tous issus de missions photographiques à travers le globe. Cette présentation s’intéresse à la pratique du coloriage manuel des images, adoptée pour une restitution plus fidèle de sujets photographiques variés.

///Melian Pussey

Charing-Cross, Angleterre, vers 1890, détail d’une vue stéréoscopique. © Léon & Lévy / Roger-Viollet

Le studio Léon & Lévy est fondé en 1864 par George Lévy (1833-1913) et Moyse Léon (1812-?). Son activité au cours des années, jusqu’à sa fermeture en 1917, est multiple. Le studio édite en effet de nombreux éléments, dont des tirages à l’unité, des albums de voyages et des cartes postales. Les photographies exposées proviennent de plaques de verre stéréoscopiques, les vues stéréoscopiques ayant constitué un fond de commerce important pour l’entreprise. Destinées à une clientèle bourgeoise pour être observées avec un appareil dédié, celles-ci offraient une expérience visuelle en relief des paysages et portraits capturés.

Femmes regardant des vues stéréoscopiques, France, vers 1865, détail d’une vue stéréoscopique. © Léon & Lévy / Roger-Viollet

Les photographes à l’origine du corpus sont pour la majorité des opérateurs anonymes. Ils ont été chargés de restituer avec la plus grande fidélité les sites et lieux touristiques visités. Les destinations de leurs voyages incluent le Japon, l’Espagne, l’Egypte, le Maroc et les Etats-Unis, ce qui leur permet de couvrir un large panel de décors, tout en dressant des portraits des populations dites « autochtones ». 

Tombeaux des Khalifes, Egypte, vers 1880, détail d’une vue stéréoscopique. © Léon & Lévy / Roger-Viollet

Les tirages obtenus à l’issue de ces périples sont ensuite confiés aux coloristes du studio, qui appliquent des couches d’aquarelle sur une plaque de verre. Cette dernière est insérée entre le positif photographique et une plaque de verre dépoli. La contribution de ces exécutants donne une apparence singulière à ces photographies puisque le choix des couleurs pour les vêtements et les architectures est probablement le résultat de sensibilités personnelles. 

Place Saint-Marc, Italie, vers 1895, détail d’une vue stéréoscopique. © Léon & Lévy / Roger-Viollet

En s’intéressant à cette partie du fonds du studio Léon & Lévy,  la Galerie Roger-Viollet nous montre que la diffusion et la commercialisation d’images photographiques en couleurs n’ont pas attendu les innovations techniques. Les rehauts d’aquarelle augmentent les qualités visuelles de photographies aux cadrages maîtrisés de manière à mêler la précision du médium à un processus supposément interprétatif. Ce qui est certain, c’est que l’exploration de ce sujet renouvelle l’une des fonctions premières de ces tirages, c’est-à-dire faire voyager le spectateur. 

Intérieur d’une maison, Japon, vers 1900, détail d’une vue stéréoscopique. © Léon & Lévy / Roger-Viollet

 

Légende de l’image mise en avant : Le pont d’Alcа́ntra enjambant le Tage à Tolède, Espagne, vers 1885 détail d’une vue stéréoscopique. © Léon & Lévy / Roger-Viollet 

 

Galerie Roger-Viollet