La Galerie Alina Pinsky présente, au 11 rue Pastourelle, l’oeuvre de l’artiste russe Tatiana Adreeva qui reste encore aujourd’hui quelque peu méconnue en dehors de la Russie. Alors qu’elle a déjà exposé en Europe, cette exposition est la première en France. Visible du 23 septembre au 21 novembre 2026, Sources et oeuvres d’une artiste majeure, revient sur une pratique artistique développée depuis les années 70 à la croisée entre plusieurs sciences.
///Chloé Hamon

Née à Moscou, Tatiana Andreeva étudie la physique théorique et les mathématiques à l’Université d’État de Moscou avant d’obtenir en 1975 son diplôme de l’Institut textile de Moscou. Cette double formation nourrit une œuvre où l’intuition visuelle rencontre la rigueur du système. Ses œuvres sont à la croisée de l’art optique et cinétique, des mathématiques, du design et de l’architecture et sont marquées par l’esthétique et les formes des artistes tels que Victor Vasarely, Nicolas Schöffer ou François Morellet.

Cette création artistique puise également dans l’observation de la nature : l’eau, le feu, le ciel, les fleurs ou les insectes sont progressivement transformés en des structures géométriques. S’ajoute à cela une recherche sur les états intermédiaires de la nature comme le passage du jour à la nuit.
Le parcours met donc en lumière une démarche fondée sur la série et la répétition. Les « Modules » de 1970 peuvent fonctionner comme une œuvre autonome, mais aussi s’assembler avec d’autres pour former une composition potentiellement « infinie ». La grille devient un outil pour transformer la perception du réel. Couleurs, dégradés et répétitions produisent des effets de mouvement et de fluidité.

L’exposition accorde une place importante au projet des « Quatre chambres de design total », conçu pour la Maison centrale du tourisme de Moscou, bâtiment moderniste imaginé par Vladimir Kouzmine pour les Jeux olympiques de 1980. Andreeva y envisage quatre espaces, « Aimants », « Amour », « Ciel en ville » et « Feu », où papiers peints, linoléum, mobilier et motifs auraient constitué un environnement optico-géométrique global. Le projet ne fut finalement pas réalisé, mais les gouaches et esquisses en conservent l’ambition : faire passer une formule abstraite de la feuille à l’espace.

Une autre partie du parcours est consacrée à la série « Agrandissement ». À partir de 1979, l’artiste utilise un épidiascope EPD-1, capable de projeter à très grande échelle des objets, fleurs ou insectes. Les détails presque microscopiques du vivant deviennent alors des motifs à part entière.
En réunissant des œuvres et des « sources », la galerie donne à voir une méthode de pensée autant qu’un ensemble d’objets. Le papier y tient une place essentielle, décrit par Andreeva comme le support intime des premières idées. Son travail explore ainsi un système qui trouve son origine des formes de la nature mêlées à la pensée mathématiques et physique.
Légende de l’image mise en avant : Tatiana Andreeva, Avant tout, les musiciens s’appuient sur le rythme du coeur – Série Feu, 1975-1977, gouache sur papier, 74,5 x 350 cm. © Galerie Alina Pinsky.
Galerie Alina Pinsky
- Adresse : 11 rue Pastourelle
- Code postal : 75003
- Ville : Paris
- Pays : France
- Site Internet : https://fr.alinapinskygallery.com
