Pour célébrer les 20 ans du MAC VAL – Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne, un commissariat partagé invite à explorer et déconstruire la hiérarchie des genres en histoire de l’art, à travers un changement de perspective résolument contemporain.
/// Astrid Vialaron
À travers cette exposition, cinq genres traditionnellement enseignés dans l’art en France sont revisités, en explorant leur place au sein de la hiérarchie établie : la nature morte, le paysage, la scène de genre, le portrait et la peinture d’histoire. Cependant, ces genres sont réinventés et rebaptisés : “les biens, les horizons, les gestes, les gens et les heures”, une réactualisation essentielle d’une histoire de l’art souvent figée et déconnectée des enjeux contemporains.
Le point de départ historique de cette hiérarchie remise en question trouve son origine dans la préface aux Conférences de l’Académie Royale de peinture et de sculpture, rédigée par l’historien de l’art André Filibien en 1667. Dans ce texte, Filibien établit un classement qui régira la peinture académique pendant des siècles, distinguant des genres dits « nobles » et des sous-genres, où le sujet prime sur la maîtrise technique. Cependant, à l’aune des œuvres créées après 1950, qualifiées de « contemporaines », qui remettent en cause, voire détruisent, les catégories, matériaux et valeurs établis, peut-on encore considérer ce paradigme comme pertinent aujourd’hui ?
Aussi, ne faut-il pas admettre que certains sujets, comme la nature morte, hérités du XVIIe siècle, portent en eux une étonnante résonance contemporaine ? Ne peut-on pas créer des conversations entre ces genres au travers des époques ?
En réponse à ces enjeux, le commissariat du MAC VAL propose d’avantage de poursuivre l’écriture de l’histoire de l’art, plutôt que de transformer ses chapitres passés. Ce voyage débute au travers de deux accrochages, présentant les œuvres d’artistes françaises qui, en perturbant les genres et en puisant dans les héritages, se les ont appropriées, offrant ainsi des portes d’entrée vers des paysages contemporains : Annette Messager et Agnès Varda.

La continuité du parcours est preuve de la réelle qualité d’un patrimoine et d’une collection unique. On s’immerge dans le livre d’une histoire de l’art en train de s’écrire, à la vue d’œuvres réalisées par des figures désormais incontournables de la scène contemporaine ( Jacques Monory, Gilles Barbier, Valérie Jouve, Vincent Olinet, MORVARID, Malachi Farrell ).

On note l’attention portée à nos nouvelles scène de genre, les heures (à celles de la salle d’attente peuplée de chaises identiques, de petits affichages autocollants et d’écrans ), retranscrites dans “Don’t Worry at Dusk, I’m Late” de Brognon Rollin. Inscrit dans une histoire de l’art minimal et conceptuelle, le duo crée une œuvre qui capte véritablement la transformation spatio-temporelle de nos espaces et de nos environnements, et l’expose dans une mise-en-abîme du quotidien et de la banalité sublimée.
« Le genre idéal » est à découvrir jusqu’en 2026 au MAC VAL, à Vitry-sur-Seine.
