Installée depuis 2009 dans le Marais à Paris, la Galerie Jean-François Cazeau s’impose comme une référence en matière de d’art impressionniste et moderne. Cette expertise s’illustre au PAD 2025 dans une sélection éclectique et une pertinence esthétique indéniable.
/// Astrid Vialaron
À la vue de cette sélection, il est évident que la frontière entre art et design est poreuse : le quotidien entre dans les œuvres, et les œuvres d’art sont elles-mêmes empreintes des réalités pratiques dans lesquelles elles sont créées. La séparation entre l’art et la vie est également très fine, un principe qui est au cœur de la démarche des artistes mis en avant dans cette exposition, Pablo Picasso, Niki de Saint Phalle et Yves Klein.
La preuve en est, ce miroir-sculpture signé Niki de Saint Phalle, où un serpent à deux têtes enveloppe les reflets du monde qui lui fait face. Magie du Miroir (œuvre réalisée avec la collaboration de Roberth Haligon, spécialiste de la résine), est un symbole du jeu des médiums expérimenté par l’artiste française à la fin du XXe siècle. Les Nanas de Saint Phalle sont également des œuvres aux utilisations modulables ; hommages à la volupté et la puissance des corps féminins, celles-ci deviennent des vases, mêlant fonctionnalité et originalité. On (re) découvrira d’ailleurs les œuvres iconiques du couple Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely dans une rétrospective organisée au Grand Palais par le Centre Pompidou, à partir du 20 juin 2025.
La galerie présente également une exploration des formes, des symboles et des traditions artistiques à travers des objets fonctionnels, tels que les vases, dans les œuvres de Pablo Picasso. Les poteries de Madoura deviennent pour l’artiste des supports de transformation en objets d’art, comme en témoigne la sélection de cruches peintes. En combinant le quotidien et l’abstraction, Picasso crée des objets fascinants qui remettent en question la sacralité traditionnelle des œuvres d’art.
Au stand Jean-Francois Cazeau, le Nouveau Réalisme s’expose à travers la subversion d’œuvres emblématiques, réintégrées dans une esthétique contemporaine et vibrante. On y découvre les sculptures d’Yves Klein, recouvertes de son pigment IKB, qui détournent des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art, tels que l’Esclave mourant de Michel-Ange ou la Victoire de Samothrace.
Découvrez le stand de la Galerie Jean-Francois Cazeau au salon de design PAD jusqu’au dimanche 6 avril.