Pierre Daix, l’art de regarder autrement – Galerie Waddington Custot

Pierre Daix, l’art de regarder autrement – Galerie Waddington Custot

La Galerie Waddington Custot à Paris, rend hommage, depuis le 1er octobre et jusqu’au 21 novembre, à Pierre Daix, critique, écrivain et historien de l’art. À travers vingt œuvres de six artistes, l’exposition retrace les amitiés et les affinités intellectuelles qui ont nourri son regard sur la création moderne.

///Chloé Hamon

Pierre Soulages, Peintures, 1959, huile sur toile, 130 x 89 cm. © Waddington Custot Gallery

Il est des critiques dont le regard accompagne durablement l’histoire de l’art, Pierre Daix (1922-2014) fut de ceux-là. Journaliste, écrivain et historien de l’art, il a consacré une part essentielle de sa vie à défendre et à comprendre les artistes de son temps. L’exposition Hommage à Pierre Daix réunit vingt œuvres de Pablo Picasso, Hans Hartung, Antoni Clavé, Pierre Soulages, Zao Wou-Ki et Fabienne Verdier.

Fabienne Verdier, Paysage (Hommage à Giotto), 2010, acrylique et techniques mixtes sur toile, 180 x 120 cm. © Waddington Custot Gallery

L’histoire commence en novembre 1945, rescapé du camp de concentration de Mauthausen où il a été déporté en 1944 pour son engagement dans la Résistance, Pierre Daix est conduit par Paul Éluard dans l’atelier de Picasso. Le peintre travaille alors sur l’œuvre Le Charnier, inspirée par les atrocités de la guerre. De cette rencontre naît une forte amitié, qui durera jusqu’à la mort de Picasso en 1973. Daix deviendra l’un des grands interprètes de son œuvre, lui consacrant plusieurs ouvrages de référence.

Antoni Clavé, Guerrier attaché, 1964, bronze, 102 x 54 x 43 cm. © Waddington Custot Gallery

Cette proximité avec Picasso ouvre à Daix les portes d’un cercle artistique dans lequel se croisent notamment Hans Hartung et Antoni Clavé. Daix est intéressé par le travail fait de collages et de fragments de Clavé, des techniques qui, selon lui, ont une capacité de révélatrice. Les écrits de Daix vont aussi mettre en avant les œuvres d’Hartung, du changement de son geste, en passant de la précision du trait à une expression plus ample et instinctive. Et deux peintures présentées dans l’exposition, l’une de 1947 et l’autre 1983, témoignent de cette évolution.

Fabienne Verdier, Cercle – Ascèse Fond argent bleuté, 2011, acrylique et multi techniques sur toile, 183 x 135 cm. © Waddington Custot Gallery

Une autre de ses rencontres sera décisive, c’est celle avec Pierre Soulages, en 1949. À une époque où l’abstraction suscite encore de fortes résistances, Daix perçoit dans sa peinture une recherche qui dépasse la seule question de la couleur mais aussi de matières : des premières expérimentations aux brous de noix aux puissants tracés noirs. Sous le regard de Daix, le noir devient une matière qui travaille la lumière, la profondeur et le mouvement.

Antoni Clavé, Roi, 1957, huile, collage et multi media sur panneau, 30 x 22 cm. © Waddington Custot Gallery

Cette exposition soulève aussi son intérêt pour les espaces ouverts de Zao Wou-Ki et sa rencontre avec Fabienne Verdier, en 2013, peu avant sa mort. Dans l’œuvre de Verdier, il retrouve une idée qui traverse toute sa pensée : puiser dans les traditions pour inventer des formes nouvelles.

Au-delà de l’hommage, cette exposition dessine ainsi le portrait d’un homme pour qui la critique n’était jamais séparée de la rencontre. Pierre Daix n’a pas seulement écrit sur les artistes : il a contribué à faire comprendre leurs œuvres et à inscrire leurs recherches dans une histoire en mouvement.

 

Légende de l’image mise en avant : Hans Hartung, T1947-47, 1947, huile sur toile, 97 x 130 cm. © Waddington Custot Gallery 

 

Waddington Custot

icon-car.png
Galerie Waddington Custot - Paris

chargement de la carte - veuillez patienter...

Galerie Waddington Custot - Paris 48.855242, 2.336719