« Complétude » : Pierre Marie Brisson à la galerie De Buci

« Complétude » : Pierre Marie Brisson à la galerie De Buci

Dieu acheva au septième jour « l’œuvre qu’il avait faite » : et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu’il avait faite (Genèse 2.2). 

/// Leyla Jafarova, historienne de l’art

Dieu n’a pas besoin de repos ; il s’agit là d’une métaphore, décrivant le mystère d’un repos véritable qui attend les êtres humains dans la vie éternelle. Or, même en amont de cette dimension bienheureuse, notre vie d’ici-bas le préfigure sous les traits du repos béni du septième jour. 

Les événements de l’année qui se termine ont impacté et bouleversé l’ensemble de l’humanité. Cette expérience inédite a été différente pour chacun d’entre nous : les uns ont complètement revu leur vision des choses, les autres en sont arrivés à un total renversement des valeurs, d’autres encore ont perdu ceci ou, au contraire, retrouvé cela, mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette « inaction » même, de façon générale, a donné lieu à un aboutissement majeur, à savoir un remodelage, une transformation du monde, de la planète. 

Cette métaphore, comme aucune autre, caractérise l’idée même de l’exposition d’un fauviste contemporain, Pierre-Marie Brisson. L’ensemble des œuvres exposées n’est autre que le fruit d’un travail, intense, de création d’un peintre coupé du monde et inaccessible au cours de cette période. C’est son rêve matérialisé d’un monde libre et harmonieux. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, à l’instar du Créateur jouissant d’un Septième jour bien mérité, confortablement installé dans son fauteuil en rotin tressé et admirant sa création, il a le droit de dire : « Tout ceci ne fut pas en vain ! »

Depuis quarante ans il peint la nature et la vie dans leurs manifestations les plus belles. Dans ses tableaux l’artiste chante les louanges de la vie ; la mer Méditerranée, entourée de terres, la mer des dieux et des héros, est pour lui un archétype et une dédicace à Ulysse, éternel nomade à la recherche de la vérité et des réponses aux éternelles questions sur les mystères de l’univers. Ses toiles, marouflées de couches de papier peint, froissé et compacté, sont autant d’espaces où triomphent les couleurs du Sud, qui sont celles de la vie, du bleu cobalt et aigue-marine au rouge sang. Sans changements majeurs, ces couleurs sont présentées telles qu’existant dans la nature en engendrent la flore, la faune et les personnages des tableaux de Brisson. 

Des goélettes annonciatrices du bonheur, d’innombrables papillons que deviennent, d’après les mythes grecs, les âmes de simples mortels, des poissons rouges, symbole biblique de l’abondance et d’éternelles silhouettes d’Arcadiennes peuplant cette contrée poétique où la vie est faite de bonheur, d’insouciance et d’harmonie, inaccessible, entre l’homme et la nature. 

Le support principal des créations de Brisson est le papier symbolisant le papyrus, connu depuis 5 000 ans et fidèle témoin de l’histoire antique. 

Souvent, le rouge vermeil sert à la fois de fond et de sujet à un tableau, un rouge tendu comme déchiré par le simoun, le siroco et le mistral, les trois vents qui, depuis la nuit des temps, s’opposent et s’affrontent dans les terres et sur les eaux de la Méditerranée, représentant ainsi l’essence et l’esprit même de ce berceau de la culture mondiale. 

 

 

Galerie De Buci

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