La Galerie David Zwirner Paris consacre, jusqu’au 28 mars 2026, une exposition à Léon Spilliaert (1881-1946), figure majeure de la modernité belge. Réunissant un ensemble d’œuvres principalement datées des années 1900-1910, cette présentation met en lumière la cohérence d’une œuvre dominée par l’introspection, la solitude et une atmosphère de mystère.
///Gaël Martin

Artiste autodidacte, Léon Spilliaert développe très tôt un langage plastique immédiatement identifiable, fondé sur des supports légers, le plus souvent le papier, et sur une maîtrise virtuose des techniques mixtes mêlant aquarelle, encre, pastel et gouache. Son univers puise à la fois dans la littérature symboliste et dans les paysages d’Ostende, ville portuaire où il passe l’essentiel de sa vie, les horizons marins nourrissant une iconographie profondément mélancolique.

L’exposition s’attache particulièrement à la décennie la plus féconde de l’artiste. Elle réunit des natures mortes précoces, où flacons et carafes aux surfaces réfléchissantes semblent déjà annoncer les recherches de la peinture métaphysique, ainsi que plusieurs autoportraits, genre central chez Léon Spilliaert. Dans ces œuvres, l’artiste se confronte frontalement à sa propre image, explorant une dimension psychologique rarement atteinte à l’époque.

Les paysages nocturnes occupent également une place essentielle. Inspirées par ses déambulations de nuit sur la promenade d’Ostende, ces compositions, souvent structurées par une ligne courbe et des perspectives déformées, traduisent une expérience existentielle du vide et du silence. Figures solitaires et silhouettes féminines viennent parfois habiter ces espaces suspendus, renforçant la dimension introspective et mystérieuse de son œuvre.

L’évènement rappelle également les liens durables de Léon Spilliaert avec Paris, ville où il découvre le symbolisme, expose dès 1913 et construit un réseau décisif. il s’inscrit dans une redécouverte internationale amorcée depuis plusieurs décennies, confirmant la place de l’artiste comme l’un des grands explorateurs de la subjectivité moderne, entre symbolisme tardif, proto-surréalisme et expressionnisme intérieur.
Légende de l’image mise en avant :Léon Spilliaert, Nu féminin sous des arbres enneigés au clair de lune rouge (Female Nude under Snowy Trees with Red Moon), 1917, graphite, crayon conté et aquarelle sur papier Courtesy David Zwirner Photo : Stephen Arnold
Galerie David Zwirner
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