Une vie sculptée : Alina Szapocznikow à la Galerie Loevenbruck

Une vie sculptée : Alina Szapocznikow à la Galerie Loevenbruck

À l’occasion du centenaire de la naissance d’Alina Szapocznikow (1926-1973), sculptrice polonaise du XXe siècle, la galerie Loevenbruck lui consacre une vaste rétrospective. Les sculptures d’Alina Szapocznikow se caractérisent par une ces formes corporelles et la transcription de ses émotions.

///Chloé Hamon

Alina Szapocznikow, Głowa z kwiatkiem (Głowa z kwiatkiem w ustach) [Tête avec une fleur (Tête avec une fleur dans la bouche)], 1955, Ciment patiné bronze, limaille de fer, 47 × 33 × 33 cm. Courtesy The Estate of Alina Szapocznikow. © ADAGP, Paris. Galerie Loevenbruck, Paris, Hauser & Wirth. Photo Fabrice Gousset.

Présentée dans les deux espaces de la rue Jacques-Callot, l’exposition retrace, de 1946 à 1972, le parcours d’une artiste dont la vie et l’oeuvre sont indissociables. 

Née en 1926 en Pologne, Alina Szapocznikow a une vie marquée par la guerre et par les épreuves de la vie, l’art devient alors son échappatoire. Elle se forme à Prague puis à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris. Mais elle retourne en Pologne où elle développe un langage sculptural inédit, oscillant entre figuration et expérimentation.

Alina Szapocznikow, Bez tytułu [Sans titre], vers 1960-1961, Encre et feutre sur papier, 29,5 × 21 cm. Courtesy The Estate of Alina Szapocznikow. © ADAGP, Paris. Galerie Loevenbruck, Paris, Hauser & Wirth. Photo Fabrice Gousset.

Au début des années 1960, elle révolutionne sa pratique en réalisant les moulages de son propre corps : jambes, lèvres ou visages deviennent les fragments d’une autobiographie sculptée où le corps est à la fois lieu de mémoire, de désir, de plaisir et de vulnérabilité.

Alina Szapocznikow, Ręce I. Szkic do projektu pomnika w Oświęcimiu [Mains I. Esquisse pour le projet du monument à Auschwitz], 1958, Plâtre patiné, 34 × 31 × 28,5 cm. Courtesy The Estate of Alina Szapocznikow. © ADAGP, Paris. Galerie Loevenbruck, Paris, Hauser & Wirth. Photo Fabrice Gousset.

Alina Szapocznikow n’hésite pas à utiliser de nouveaux matériaux comme la résine, le polyester ou encore la mousse polyuréthane, ce qui lui permet d’inventer une écriture plastique novatrice. Ses œuvres font parler la matière et les formes, les surfaces sont rugueuses ou faites de plis.

Alina Szapocznikow, Akt Piotra [Nu de Piotr], vers 1972, Aquarelle et feutre sur carton, 64,8 × 50 cm. Courtesy The Estate of Alina Szapocznikow. © ADAGP, Paris. Galerie Loevenbruck, Paris, Hauser & Wirth. Photo Fabrice Gousset.

Lorsque le cancer du sein lui est diagnostiqué en 1969, son œuvre prend une dimension encore plus intime. Les séries des Tumeurs traduisent avec une force saisissante l’expérience de la maladie sans jamais céder au pathos.

Alina Szapocznikow, , Ventre-coussin [Brzuch-poduszka], 1968, Mousse polyuréthane, 34 × 30 × 18 cm. Courtesy The Estate of Alina Szapocznikow. © ADAGP, Paris. Galerie Loevenbruck, Paris, Hauser & Wirth. Photo Fabrice Gousset.

 

L’exposition conçue par la galerie Loevenbruck rend hommage à cette artiste pionnière dont la création transforme les épreuves de l’existence en une réflexion universelle sur la fragilité humaine. Plus qu’une rétrospective, Fragments d’autobiographie révèle une œuvre d’une modernité intacte, où chaque sculpture porte l’empreinte d’une vie intensément vécue.

 

Légende de l’image mise en avant : Vue de l’exposition, © Galerie Loevenbruck, Paris. 

 

Galerie Loevenbruck

  • Adresse : 6 rue Jacques Callot
  • Code postal : 75006
  • Ville : Paris
  • Pays : France
  • Site Internet : https://loevenbruck.com/