Un Paris humaniste à La Galerie Rouge

Un Paris humaniste à La Galerie Rouge

À l’occasion du bicentenaire de la photographie, La Galerie Rouge consacre une exposition sur le thème du Paris humaniste. Du 1er octobre au 12 décembre 2026, les œuvres de sept photographes invitent à redécouvrir la capitale à travers ses quartiers populaires, ses habitants et ses scènes de rue. Des moments captés dans le vif depuis la fin de la guerre jusqu’aux années 1980.

///Chloé Hamon

 

Martine Barrat, La Goutte d’Or, Paris, circa 1984. © Martine Barrat. Courtesy La Galerie Rouge

Cette exposition propose de regarder Paris autrement et ceci au travers des regards de photographes de l’après-guerre, reconnu.es sur la scène française et internationale. Édouard Boubat, Jean-Philippe Charbonnier, Robert Doisneau, Willy Ronis, Louis Stettner et Sabine Weiss composent le portrait d’une ville vivante, contrastée voire mélancolique mais surtout humaine. Ces photographies marquées par une vie d’après guerre répondent à celles plus contemporaines de Martine Barrat.

Édouard Boubat, Quai Voltaire, Paris, 1983. © Édouard Boubat, ADAGP

Souvent réduite à une vision idéalisée du quotidien, la photographie humaniste recouvre pourtant des sensibilités multiples. À la poésie des instants fugaces répondent l’observation documentaire, l’attention aux réalités sociales et une forme d’engagement. L’exposition entend dépasser les clichés pour restituer la complexité de ces regards, tous attachés à saisir l’humanité derrière les scènes ordinaires.

Martine Barrat, Frère et soeur au parc, La Goutte d’Or, Paris, 1984 © Martine Barrat. Courtesy La Galerie Rouge

Willy Ronis arpente l’Est parisien, notamment Belleville et les XIXe et XXe arrondissements, tandis que Sabine Weiss s’intéresse aux enfants qui investissent les terrains vagues des boulevards extérieurs. Jean-Philippe Charbonnier photographie une capitale qui se relève de la guerre, entre joie retrouvée et persistance de la misère. Édouard Boubat, lui, révèle un Paris bohème et intime, notamment à travers Lella, sa première épouse, dont la présence nourrit son univers poétique.

Jean-Philippe Charbonnier, 8 mai 1945, Place du Bourg-Tibourg, Paris, 1945. © Jean-Philippe Charbonnier, Rapho-Gamma

Dans ces images, la ville devient un personnage de toute cette activité : les flaques d’eau reflètent sa mélancolie, le brouillard efface ses contours, les bals vibrent de l’énergie des danseurs et les enfants donnent aux rues une spontanéité singulière. Robert Doisneau, Willy Ronis ou Louis Stettner témoignent ainsi d’un monde où les gestes les plus modestes racontent une époque et une société.

Édouard Boubat, Lella, Paris, 1948 © Édouard Boubat, ADAGP. Courtesy La Galerie Rouge

Le parcours s’ouvre également à une autre réalité, celles des années 80 avec Martine Barrat. En effet, cette dernière découvre la Goutte d’Or, quartier populaire du XVIIIe arrondissement, et noue avec ses habitants des liens durables. Ses portraits racontent la solidarité entre générations, la fraternité et la richesse d’une communauté trop souvent méconnue. Plus politique, son regard reste néanmoins fidèle à l’esprit humaniste : photographier les personnes non comme des sujets distants, mais comme des individus dont l’histoire mérite d’être entendue.

Willy Ronis, Rue de la Huchette, 1957 © Willy Ronis, MPP, diffusion GrandPalais RMN Photo

La Galerie Rouge défend une vision plurielle de Paris, attentive à celles et ceux qui font son quotidien. Une invitation à regarder la capitale autrement, à hauteur d’homme, là où l’émotion individuelle rejoint la mémoire collective.

Légende de l’image mise en avant : Willy Ronis, La nuit du 14 juillet, Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1955 © Willy Ronis, MPP, diffusion GrandPalais RMN Photo

La Galerie Rouge

icon-car.png
La Galerie Rouge

chargement de la carte - veuillez patienter...

La Galerie Rouge 48.854869, 2.355303