À la Galerie Anne-Laure Buffard, l’exposition collective Afterscape interroge notre manière de regarder le paysage à une époque où celui-ci n’est plus seulement un décor, mais le témoin des transformations du monde. Réunissant plusieurs artistes contemporains, cette exposition explore les traces laissées par le temps, l’homme et les éléments naturels, faisant du paysage un espace de mémoire et de réinvention.
///Chloé Hamon

L’exposition rassemble des artistes aux écritures singulières, unis par une même attention à ce qui subsiste après l’événement : une lumière, une empreinte ou une présence discrète. Chacun développe une vision personnelle du territoire à travers des médiums variés. Afterscape permet ainsi de faire dialoguer les démarches d’artistes venus du monde entier. Les œuvres se répondent entre elles et créent des correspondances sensibles.

Dans le cas d’Ilanit Illouz, elle transforme et cristallise ses photographies grâce à l’usage du sel. L’intégration de cet élément naturel altère volontairement les tirages et fait de la photographie un objet vivant, sur lequel le temps continue d’agir. Cette réflexion sur la transformation de la matière trouve un écho dans les céramiques de Yoshimi Futamura, dont les formes semblent imiter des matières organiques.
Le photographe Vasantha Yogananthan mêle, quant à lui, une approche documentaire à une dimension fictionnelle grâce à l’ajout de peinture appliquée à la main sur ses images. Son travail ouvre une réflexion sur la couleur, sa matérialité, mais aussi sur son influence dans notre perception et quelle lecture nous faisons de l’image.

Les paysages présentés dans l’exposition évoquent des territoires traversés par la mémoire ou bien des espaces en mutation. Ces espaces deviennent alors moins un sujet qu’une expérience, un lieu où se rencontrent l’intime et le collectif.
Chez Marine Wallon, les références au cinéma comme à l’Antiquité nourrissent une peinture où la lumière occupe une place essentielle. Ses œuvres plongent le spectateur dans des espaces situés entre abstraction et réalité. L’artiste trouble les repères visuels et joue des variations chromatiques pour nous entraîner dans un univers à la frontière de l’onirisme.

D’autres artistes, à découvrir ou à redécouvrir, complètent ce parcours. Les peintures faites à l’acrylique de Grégory Hodge donnent l’illusion d’être tissées, brouillant la frontière entre peinture et textile. Quant aux sœurs Park Chae Biole et Dalle, elles explorent chacune à leur manière les possibilités offertes par les tissus et différents supports peints, réinventant les rapports entre matière, surface et image.

Avec Afterscape, la Galerie Anne-Laure Buffard privilégie le dialogue entre les artistes et les croisements de médiums. L’exposition propose une réflexion sur ce qui demeure après le passage des hommes ou les bouleversements du monde. Elle invite ainsi le visiteur à ralentir son regard, à observer les multiples détails qui fixent la mémoire des lieux et à redécouvrir le paysage comme un espace sensible où le temps continue de s’inscrire.
Légende de l’image mise en avant : Marine Wallon, Itzapa, 190 x 240 cm, huile sur toile, 2026. © Nicolas Brasseur, Courtesy Galerie Catherine Issert et de la Galerie Anne-Laure Buffard.
Galerie Anne-Laure Buffard
- Adresse : 6 Rue Chapon
- Code postal : 75003
- Ville : Paris
- Pays : France
- Site Internet : https://annelaurebuffard.com/artists/
