Du 8 au 30 janvier, la Galerie Claudine Legrand démarre l’année 2026 en douceur avec une exposition consacrée aux travaux récents de Christine Trouillet. Ses toiles se présentent comme des fenêtres s’ouvrant sur des intérieurs à l’atmosphère sereine et parfois mélancolique. L’artiste invite les visiteurs à s’émerveiller face à des visions intimes à la fois familières et chargées d’émotions.
///Melian Pussey

Christine Trouillet (née en 1956) est une artiste lyonnaise spécialisée en peinture à l’huile. Accréditée des ateliers des techniques graphiques et plastiques de Saint Etienne, elle participe à des cours d’art contemporain à Tournon sur Rhône et anime son atelier d’arts plastiques « Bleu de toi » à Davezieux. Depuis plusieurs années, elle expose dans des galeries partout en France et dans quelques pays d’Europe, notamment l’Espagne et la Belgique.

Se décrivant comme une peintre intimiste, Christine Trouillet crée des vues en intérieur dans un style singulier. Elle joue avec la couleur de manière à créer des environnements où les formes apparaissent vacillantes et floues. Cette façon de procéder donne un caractère onirique aux espaces peints, tout en contribuant à leur portée émotionnelle. Ses tableaux, en effet, peuvent susciter une myriade de ressentis, allant du réconfort que peuvent évoquer les cadres domestiques, à des sensations de solitude face à des décors, au premier abord, complètement dénués de présence humaine.

Christine Trouillet n’inclut pas de figures puisqu’elles sont suggérées par le mobilier et les nombreux objets du quotidien qui constituent les sujets principaux de certaines toiles. L’absence des propriétaires des lieux offre l’occasion à chacun de laisser libre cours à son imagination, d’autant plus que les intitulés des œuvres peuvent introduire un élément narratif aux compositions. Le tableau titré « Un baisé osé » peut être perçu de bien de différentes manières en fonction de la connaissance ou non de son titre. Pour certains, la prédominance de gris pour une chambre à coucher pourrait leur rappeler des matinées hivernales, pour d’autres la scène pourrait être associée à de nombreux autres moments. Ce qui est certain, c’est que le nom de l’œuvre propose de considérer la pièce représentée comme habitée par les souvenirs romantiques d’un personnage dont nous ne savons rien, sur lequel il est possible de tout projeter.

Ainsi, chaque réalisation est une invitation à observer des traces de vies sur laquelle nous pouvons reporter nos souvenirs et nos rêves. La notion de trace semble avoir de l’importance dans l’imaginaire de Christine Trouillet, qui décrit ses intérêts de la manière suivante : « Ce qui m’anime, c’est la trace que laisse derrière lui un être, l’impression de joie ou de mélancolie qui s’attache à un lieu une fois qu’il est délaissé… C’est à cet entre deux fragile que se rattachent mes peintures, à ce moment furtif où l’âme d’une personne vient s’inscrire, comme un creux laissé sur l’assise d’un fauteuil qu’elle vient de quitter.» [1]

En nous conviant dans l’intimité tranquille des œuvres de Christine Trouillet, conçues entre 2024 et 2025, Claudine Legrand commence l’année 2026 dans la douceur, comme pour nous rappeler que la beauté et l’émotion sont partout, y compris dans les scènes du quotidien.
Notes :
[1] « Artiste Française – Christine Trouillet – Intimiste des lieux », dans Christine Trouillet, [Consulté le 8 janvier 2026], disponible à l’adresse : https://christine-trouillet.fr/
Légende de l’image mise en avant : Christine Trouillet, Les liens secrets, v. 2024-2025, huile sur toile, 73 x 54 cm, © Galerie Claudine Legrand
Galerie Claudine Legrand
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