Daniel Buren – Plantations, travaux in situ

Daniel Buren – Plantations, travaux in situ

Depuis le 17 juillet et jusqu’au 1er novembre, le musée des impressionnismes Giverny ouvre ses portes à Daniel Buren. À l’occasion du centenaire de la disparition de Claude Monet, l’artiste contemporain propose Plantations, travaux in situ, une création inédite qui investit le domaine du musée, de ses jardins à ses espaces intérieurs.

///Chloé Hamon

Daniel Buren dans le jardin du musée des impressionnismes Giverny

Daniel Buren, artiste contemporain, crée, depuis la fin des années 1960, des œuvres qui se déplacent en dehors de l’espace même d’un musée. Ses installations sont conçues en fonction des lieux qui les accueillent, les espaces, les lumières, les couleurs et les déplacements des spectateurs deviennent partie intégrante de l’œuvre. Le travail de l’artiste se caractérise également par son « outil visuel » : des bandes verticales alternativement blanches et colorées, larges de 8,7 centimètres. Un schéma qu’il répète, en variant les couleurs et les formes.

Daniel Buren, Plantations : travaux, in situ, 2026, musée des impressionnismes Giverny © Octave Bénard

Cette fois-ci pour l’œuvre Plantations, Daniel Buren a imaginé une forme circulaire, qu’il nomme « girouettes », qui interagit avec le vent. Faites d’une partie pleine et d’une partie vide, les girouettes tournent grâce à la force du vent. Sa création prend place dans l’espace extérieur du musée, les jardins et la colline à sur laquelle il est adossé, mais elle se poursuit dans l’enceinte même du musée.

Pensée comme une grille rigoureuse, les girouettes sont placées selon un schéma bien établi qui ne peut se restreindre à l’espace extérieur. Les couleurs choisies, bleu, le jaune, le noir, le rouge et le violet sont elles aussi organisées, elles se répètent par ordre alphabétique.

Daniel Buren, Plantations : travaux, in situ, 2026, musée des impressionnismes Giverny © Octave Bénard

La rigueur mathématique de Daniel Buren semble s’opposer à la spontanéité du geste de Claude Monet. Ce dernier crée des œuvres par une touche et une recherche du sensible qui lui est caractéristique, un travail par la main qui semble disparaître chez Buren. Cependant, l’étude de la lumière et des couleurs du paysage rapprochent les deux artistes, rien n’est véritablement figé : le regard évolue avec le temps, les saisons et les conditions atmosphériques.

Comme les girouettes s’invitent à l’intérieur du musée et communiquent avec les œuvres impressionnistes, le musée a aussi choisi de mettre en regard des toiles de la période impressionnistes à d’autres contemporaines. Un dialogue se crée entre deux périodes, une qui a pu influencer l’autre et qui peuvent parfois s’opposer qui trouvent des sources communes. Cette disposition et ce choix de poursuivre la grille de Daniel Buren dans le musée permet de porter un nouveau regard sur l’espace et de découvrir autrement les œuvres du musée.

Daniel Buren, Plantations : travaux, in situ, 2026, musée des impressionnismes Giverny © Octave Bénard

Plus qu’une exposition à contempler, les œuvres de Daniel Buren se veulent donc comme une expérience sensible et poétique à traverser. Entre intérieur et extérieur, nature et architecture, proximité et horizon, le parcours transforme le spectateur en acteur de sa propre perception, il permet de ralentir et d’observer plus attentivement ce qui nous entoure. Un siècle après la disparition de Monet, Giverny devient ainsi le terrain d’une rencontre surprenante entre deux artistes qui ont tous deux marqués leur époque.

Légende de l’image mise en avant : Daniel Buren, Plantations : travaux, in situ, 2026, musée des impressionnismes Giverny © Stéphane Aboudaram

 

Musée des impressionnismes

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