Dans l’intimité du monumental avec Claire Adelfang

Dans l’intimité du monumental avec Claire Adelfang

Du 7 mai au 11 juin, la galerie Rabouan Moussion présente le travail de la photographe Claire Adelfang. Une magnifique exposition qui fait honneur au patrimoine français, notamment au Château de Versailles et au Palais Garnier. Avec Hors-scène, Claire Adelfang renouvelle notre regard sur ces monuments, nous en montre les coulisses méconnues et les détails.

 

/// Alina Roches-Trofimova

 

La pratique photographique de Claire Adelfang porte une attention particulière à la représentation architecturale. Dans Hors-scène, l’artiste s’intéresse aux bâtiments historiques — lieux iconiques et bien connus du grand public mais pourtant toujours mystérieux, gardant une part d’inaccessible. La photographie nous permet alors d’entrer dans les coulisses du Château de Versailles et du Palais Garnier, de nous plonger dans l’intimité d’espaces dénués de présence humaine qui semblent ici mener une existence indépendante de la nôtre.

 

Claire Adelfang, Palais Garnier – Loge de l’Empereur I, 2022

Paradoxalement, ces photographies nous font entendre une musique qui résonnerait au coeur de ces grands espaces vides et qui ajoute aux lieux une dimension spectaculaire. Béatrice Andrieux, commissaire de l’exposition, insiste sur la puissance théâtrale des lieux :« Invitée à réaliser une commande photographique par l’Etablissement du château, du musée et du domaine national de Versailles, Claire Adelfang redécouvre ce haut lieu historique et particulièrement la Petite Ecurie qui accueille des moulages et des sculptures du musée du Louvre. En les voyant, elle devine la puissance théâtrale de l’espace. Par le jeu des lumières, elle réussit à composer une mise en scène où la narration devient évidente. Pénétrer dans le Belvédère, le Pavillon français, lieux qui avaient vocation à servir de salon de musique, puis le Théâtre de Marie- Antoinette, permet à Claire Adelfang d’aborder une notion plus intime et intemporelle. Ce qui l’anime, c’est la représentation de l’architecture, comme théâtre domestique et théâtre de l’Histoire. » Dans de magnifiques couleurs sublimées par la pellicule argentique ainsi que par la qualité des tirages, les lieux révèlent toute leur magie. Le spectacle est certes majestueux, mais n’en demeure pas moins intime, comme un concert privé ou une représentation théâtrale en petit comité. L’accrochage, quant à lui, offre une mise en relation des oeuvres entre-elles et leur permet de se nourrir les unes les autres.

 

Claire Adelfang, Palais Garnier – Le grand lustre, 2017

Malgré le grand format des photographies, la prise de vue en moyen format permet d’instaurer par le cadrage une véritable intimité avec les éléments de décor qui nous sont présentés. Par cette parfaite maîtrise du cadrage, les compositions frontales serrées de Claire Adelfang donnent aux objets une autonomie : soudain ils semblent vivants, nous en percevons la présence et en entendons la musique. Quelque chose de l’ordre de l’anthropomorphisme semble s’installer. L’essence des objets semble émerger de leur individualisation. Les souterrains du Palais Garnier, par exemple, nous donnent à voir l’envers du décor, la partie immergée et pourtant tout aussi fascinante de l’iceberg, faite de machineries qui semblent tendre vers une forme d’abstraction. Par un décentrement du regard photographique, Claire Adelfang se réapproprie les lieux et nous permet de les regarder autrement.

 

Claire Adelfang, Palais Garnier – Salle des cabestans III, 2017
Claire Adelfang, La Chapelle royale – Le Grand Orgue I, 2021

Visuel de couverture :  Claire Adelfang, Le Pavillon français – Intérieur II, 2015

 

Galerie Rabouan Moussion

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