Entretien avec Marie Laborde, co-directrice de la Galerie Strouk

Entretien avec Marie Laborde, co-directrice de la Galerie Strouk

Les portes du monde l’art se sont ouvertes pour Marie Laborde après avoir réalisé une maitrise de droit complétée par une formation à l’École du Louvre. Elle commence à travailler à la Galerie du XXe siècle, tournée vers l’art moderne et rencontre ensuite Laurent Strouk avec qui elle travaille et dirige la Galerie, d’art contemporain, Strouk depuis maintenant 18 ans.

 

  • Qu’est ce qui vous passionne dans ce métier?

C’est avant tout ma rencontre avec les artistes, aller dans les ateliers. Défendre leur travail, donner de la visibilité et faire vivre leur œuvre auprès du public est une dimension essentielle de mon métier. Et puis il y a l’autre versant, tout aussi précieux, accompagner les collectionneurs, les conseiller, comprendre leur sensibilité, tisser des liens durables entre une œuvre et celui ou celle qui va l’accueillir. C’est un métier de passion et de transmission.

  • Concernant l’exposition en cours, quelle œuvre est la plus significative pour vous? Pourquoi avoir choisi ces artistes?

L’œuvre qui me touche le plus dans cette exposition est sans doute la toile de Valerio Adami datant de 1967. C’est une œuvre historique, profondément représentative des intérieurs emblématiques de l’artiste. Plus largement, cette exposition reflète aussi un engagement de longue date. Laurent Strouk défend les artistes de la Figuration Narrative depuis plus de 35 ans, et je poursuis ce travail à ses côtés depuis maintenant 18 ans. Nous entretenons un attachement tout particulier à ce mouvement majeur du Pop Européen avec des artistes tels qu’Erró, Jacques Monory, Gérard Schlosser, Bernard Rancillac ou encore Antonio Seguí.

  • Pouvez-vous citer un artiste qui vous inspire particulièrement?

Robert Combas, sans hésiter. C’est un artiste que j’admire énormément. Pour moi, il est sans doute l’artiste le plus libre de sa génération. Il y a chez lui quelque chose d’assez rare, une liberté créative absolument exceptionnelle, portée par une énergie presque brute et une spontanéité constante. C’est, au sens littéral du terme, un génie de la création.

Valerio Adami, Il caso della cameriera di buon cuore, 1967, 195 x 130 cm.
  • Y’ a-t-il un artiste que vous aimeriez exposer en particulier?

Depuis plusieurs années, je souhaitais vraiment pouvoir consacrer une exposition au travail de John Fou. C’est un projet qui me tenait particulièrement à cœur et qui va enfin se concrétiser, puisque nous organisons une exposition personnelle de l’artiste en septembre prochain.

  • Comment sont pensées les expositions ?

Nous travaillons selon deux formats complémentaires. Il y a d’abord les solos shows, qui ponctuent l’année et permettent de mettre pleinement en lumière chacun des artistes que nous représentons et défendons. Et puis les accrochages de groupe, construits autour d’un mouvement, d’une thématique ou d’un regard de commissaire, des propositions plus libres, qui reflètent notre propre sensibilité et créent des dialogues parfois inattendus entre les œuvres. C’est cette alternance qui donne son rythme à la galerie.

  • Quelle est votre ligne directrice? 

Esthétiquement, nous défendons un art figuratif, coloré, joyeux, une certaine idée du pop et de la vitalité dans la peinture. Mais la ligne directrice, c’est aussi une façon d’animer la galerie et de faire vivre les artistes dans la durée. Nous structurons notre programmation autour de trois expositions par an, accompagnées de catalogues, c’est une façon d’inscrire le travail dans le temps. Et au-delà des accrochages, nous tenons beaucoup à créer des moments : rencontres, médiations, événements qui font de la galerie un lieu vivant, pas seulement un espace d’exposition

  • Quelles tendances observez-vous actuellement?

Nous observons depuis trois ans un réel attentisme de la part des collectionneurs, le marché est plus difficile, les décisions d’achat se font plus prudemment. C’est une réalité que nous assumons en continuant à faire des propositions, en misant sur la qualité et la relation de confiance.

 

  • Quel est le dernier livre que vous avez lu?

Dire Babylone de Safiya Sinclair — un livre magnifique, que je recommande, une très belle lecture.

 

Image mise en avant : Marie Laborde 

 

Galerie Laurent Strouk

  • Adresse : 2 avenue Matignon
  • Code postal : 75008
  • Ville : Paris
  • Pays : France
  • Tel : 01 40 46 89 06
  • Site Internet : http://www.laurentstrouk.com
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