Après avoir réalisé des études à l’Université de Paris 8 puis à l’EHESS, Séverine de Volkovitch rencontre le monde de l’art et des galeries par une première expérience au sein de la Galerie Maisonneuve. Séverine de Volkovitch a un véritable coup de foudre pour le monde de l’art et rejoint au bout de quelques années la Galerie Daniel Templon où elle rencontre Delphine Guillaud. Avec qui elle crée, en 2010, la Galerie Backslash.

- Qu’est-ce qui vous passionne dans ce métier?
J’aime profondément le rôle d’intermédiaire que joue le galeriste entre les artistes, les œuvres et les amateurs d’art. Chacun arrive avec son histoire, sa sensibilité, ses références. L’art échappe aux catégories et aux déterminismes : c’est sans doute ce qui le rend si précieux. J’apprécie également la diversité des compétences, en l’espace d’une heure, nous pouvons passer de questions logistiques à des réflexions curatoriales, de la communication à la comptabilité ou de la médiation à la recherche. Mais ce qui me touche le plus reste le privilège de vivre quotidiennement au contact des œuvres. Les côtoyer jour après jour permet d’en découvrir des aspects toujours renouvelés.
- Concernant l’exposition en cours, quelle œuvre est la plus significative pour vous ? Et pourquoi ?
L’exposition actuelle réunit l’ensemble des artistes représentés par la galerie. Il m’est donc difficile de mettre une œuvre en avant plutôt qu’une autre. J’entretiens une histoire particulière avec chacune d’elles. Certaines évoquent des souvenirs précis, d’autres ouvrent des pistes de réflexion ou suscitent des émotions différentes. C’est précisément ce qui fait la richesse de l’art : sa capacité à nous toucher de multiples façons. L’exposition Inventaire a en partie été conçue dans cet esprit. Elle nous permet de faire réapparaître des œuvres rarement montrées, conservées dans nos réserves, et qui occupent une place particulière pour nous.

- Pouvez-vous citer un artiste qui vous inspire particulièrement ?
Il me serait difficile de n’en citer qu’un seul. Ce qui m’inspire avant tout, ce sont les artistes capables de développer un langage singulier tout en restant profondément sincères dans leur démarche.
- Y’ a-t-il un ou une artiste que vous aimeriez exposer en particulier?
Comme beaucoup de galeristes, j’ai une liste assez longue d’artistes dont j’admire le travail. Mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est de construire une relation durable avec les artistes que nous défendons. C’est un lien très fort.
- Comment sont pensées les expositions ?
La plupart de nos expositions sont monographiques. Nous tenons à offrir aux artistes un espace de liberté leur permettant de développer pleinement leur proposition et d’investir la galerie selon leurs propres intentions. Je considère notre rôle comme celui d’un accompagnateur et d’un facilitateur, il s’agit de créer les meilleures conditions possibles pour que la vision de l’artiste puisse s’exprimer. Les expositions collectives sont conçues avec Delphine dans un esprit plus libre. Nous aimons provoquer des dialogues inattendus entre les oeuvres, faire coexister des pratiques diverses et proposer des lectures accessibles sans jamais renoncer à l’exigence.

- Quelle est votre ligne directrice ?
Même si beaucoup attribuent à Backslash une ligne très identifiable, nous nous méfions des catégories trop restrictives. Ce qui nous intéresse est précisément la diversité de la création contemporaine. Nous ne souhaitons pas nous limiter à une génération, un médium, une esthétique ou une origine géographique. Notre ligne directrice réside davantage dans l’attention portée à la singularité des démarches.
- Quelles tendances observez-vous actuellement ?
On observe un intérêt croissant pour des pratiques qui réinvestissent le vivant, les croyances animistes, les savoir-faire artisanaux ou les matériaux simples. Beaucoup d’artistes semblent rechercher une forme de proximité avec l’humain, à travers des oeuvres plus sensibles, plus incarnées et parfois moins conceptuelles. Par ailleurs, l’attention portée depuis plusieurs années aux artistes du Sud global et aux voix longtemps sous-représentées continue de structurer une partie importante du paysage artistique contemporain, ce qui me paraît essentiel. Dans le même temps, on perçoit également un regain d’intérêt pour certaines formes de minimalisme. Ces différentes tendances coexistent aujourd’hui et témoignent de la grande pluralité de la scène contemporaine.
- Quel est le dernier livre que vous avez lu?
La maison vide de Laurent Mauvignier.
Image mise en avant : À gauche : Séverine de Volkovitch. À droite : Delphine Guillaud. © Hafid Lhachmi, ADAGP Paris.
Galerie Backslash
- Adresse : 29 Rue Notre Dame de Nazareth
- Code postal : 75003
- Ville : Paris
- Pays : France
- Tel : 09 81 39 60 01
- Site Internet : https://www.backslashgallery.com/
