Hyacinthe Ouattara et Jade Fanu : une passion commune pour l’imaginaire

Hyacinthe Ouattara et Jade Fanu : une passion commune pour l’imaginaire

Au moment de s’endormir, Jade Fenu, semble tomber comme le personnage incarné dans Slumberland, la BD du dessinateur américain Winsor McCay, dans un monde féérique. Il y puise des sources innombrables où Grimm, Perrault, Caroll ou Andersen auraient aimé sans nul doute se perdre. J’ai évolué paisiblement dans son univers tout comme dans le nouvel espace de la 193 Gallery accompagné par les deux artistes invités pour son inauguration. Jade Fenu et Hyacinthe Ouattara se retrouvent pour la deuxième fois dans la galerie, chacun paré d’œuvres aux couleurs franches et chatoyantes. Ils s’étaient déjà côtoyés en juin 2020 lors de l’accrochage « A world of abstraction » dans le tout premier espace de la 193 situé jadis au 7 rue des Filles du Calvaire.

 

/// Nadège B.R

 

Ces artistes nous délivrent en ce début d’année un uppercut de liberté, d’audace et d’abandon qui revigore tel un bain d’eau de mer gelé après cette période émotionnelle mouvementée. L’art de Jade et de Hyacinthe a ceci de réjouissant car il nous surprend par ce bouillonnant et jaillissant flots de visions de leurs mondes intérieurs. Mondes qui viennent occuper allègrement l’espace offrant tout autant sa surface aux accrochages qu’à la création. Nous sommes en face de deux chamanes ni plus ni moins qui nous prennent la main et nous emmène dans leur monde spirituel, onirique peuplé de créatures hybrides qui semblent vouloir tout à tout nous inviter à entrer avec elles dans leur danse. Pas de tambours et pourtant la musique résonne dans leur timbre de voix.

Hyacinthe Ouattara, Signe de l’âme

Hyacinthe nous accueille avec son sourire enjôleur pour nous parler de ce lieu où il déploie toute sa créativité artistique à travers un corpus d’œuvres qui répond à sa quête de compréhension de cette matière vivante qu’est ce tissu, ce bout de vie, qui vient recouvrir notre peau. Sa pièce « Empreinte » nous parle du temps qui passe et laisse ces traces sur la pièce textile portée puis reportée et bringuebalée à travers LES continents. C’est la naissance d’une jacinthe rougeoyante et sanguinolente à laquelle nous assistons, qui reprend la légende de Percée qui en lançant le disque tue accidentellement son grand père Acrisios. La forme circulaire est un refrain chanté depuis des années dans un corpus sans limite tout comme ces fils qu’il déroule puis entremêle au gré des années.

Jade quant à lui joue et s’amuse sans cesse avec l’histoire de la peinture, inspiré par la Renaissance flamande ou italienne les peintres, les contrastes, les textures, les superpositions de couleurs et nous fait entrer comme par magie dans son imaginaire. Ses silhouettes gracieuses imitent parfois des danseurs tout comme Vaslav Nijinski qui sautait tel un félin sur scène et se retrouve avec majesté sur ses grands formats. Les chamanes dansent eux aussi sur ses toiles et nous invitent à comprendre diverses légendes, cultures et mythologies qui comme le souligne Jade  Fenu se ressemblent et parlent le même langage universel. L’ode à cette vie imaginaire offert par ces deux artistes est un joli cadeau qu’il ne faut surtout pas manquer.

 

Dancing Chamane, acrylic on linen, 250 x 200cm, 2022
 

193 Gallery

  • Adresse : 7 rue des filles du Calvaires
  • Code postal : 75003 Paris
  • Ville : Paris
  • Pays : France
  • Site Internet : https://www.193gallery.com/
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