Jusqu’au 14 mars 2026, la Galerie Double V consacre son emplacement parisien à la première exposition personnelle de Pace Taylor en France. Intitulée « This House is on Fire! », celle-ci réunit une douzaine de pastels visuellement flamboyants grâce à leur palette majoritairement chaude. Cette série explore le corps comme un espace de métamorphose, où le feu évoque à la fois la menace de destruction mais aussi la promesse de renouveau.
///Melian Pussey

Pace Taylor (né.e en 1992) est un·e artiste étasunien·ne actif·ve depuis Kingston dans l’Etat de New-York. L’artiste a été formé·e à l’Université d’Oregon duquel iel ressort avec un BFA en arts digitaux en 2015. Iel travaille principalement au pastel et au crayon pour créer des portraits et scènes intimes stylisés. Ses travaux sont profondément queer et vulnérables, avec une mobilisation constante de couleurs vives telles que le rouge, l’orange et le rose. Leur usage est notable au vu des associations de la plupart de ces teintes à des visions où l’intensité des émotions représentées est parfois explosive. Ici, elles sont associées à des instants authentiques de partage, de fragilité et d’introspection.

This House is on fire! met l’accent sur des corps expressifs en mutation, fragmentés et distordus. Alors que le·la créateur·rice aurait envisagé de tourner sa nouvelle série vers le « trans body horror », son processus l’a amené à centrer son sujet sur les évolutions intimes de la transidentité. Cette réflexion passe par la déclinaison d’un même motif : celui d’un corps en pleine recomposition. Le processus de redéfinition de ces figures est signalé par des apparences empruntées à l’esthétique du grotesque et au cinéma d’horreur. Ces silhouettes déformées se retrouvent ainsi exposées au regard du spectateur, et parfois à celui de personnages internes aux compositions. Elles sont traversées par des sentiments contradictoires entre le désir et la crainte d’apparaître et d’être perçues.

En dirigeant notre attention vers ces problématiques identitaires, Pace Taylor délivre un message fort où l’intime rejoint le politique et où le vécu personnel devient un levier de lecture collective. La maison en feu du titre et les décors enflammés de certaines œuvres incarnent les normes figées et les peurs héritées. L’embrasement de cette structure imaginaire illustre alors le passage et l’épreuve indispensable à toute transformation personnelle et communautaire.
Cette exposition explore avec sincérité la dimension plurielle de la métamorphose dans tout son inconfort, ses contradictions et sa beauté.

Légende de l’œuvre du milieu dans l’image mise en avant : Pace Taylor, détail de OH GOD (Carrie, after Jouineau Bourduge), 2025, pastels tendres et encre sur papier, 76 x 111 cm – © Romain Darnaud

