Macchia : Jesse Willems, Galerie Clémentine de la Féronnière  

Macchia : Jesse Willems, Galerie Clémentine de la Féronnière  

Depuis le 4 juin et jusqu’au 1er août, la Galerie Clémentine de Féronnière présente l’artiste belge Jesse Willems qui s’empare de la photographie pour créer des collages abstraits. Avec Macchia, c’est une douzaine d’œuvres inédites et parmi les plus récentes, de l’artiste, qui sont exposées.

///Chloé Hamon

Jesse Willems, Lust II, 2026. © Galerie Clémentine de le Féronnière.

Jesse Willems poursuit une recherche plastique où la photographie cesse d’être une simple fenêtre sur le réel pour devenir un territoire d’expérimentation. Né à Anvers en 1984, il développe depuis plusieurs années une pratique qui mêle photographie de rue, découpe et collage, jusqu’à faire basculer l’image vers une abstraction sensible.

Jesse Willems, I can buys myself flowers, 2026. © Galerie Clémentine de le Féronnière.

L’exposition qui porte le nom de Macchia est emprunté au terme italien désignant « tache », renvoie à une théorie de l’art créée par un italien et reprise par l’écrivain et photographe Teju Cole. Macchia désigne ce moment fugace où une image agit sur notre perception avant même que nous en identifiions le sujet. C’est cet instant de suspension que Jesse Willems cherche à atteindre. Ses œuvres cherchent à provoquer une sensation.

Jesse Willems, Messaline, 2026. © Galerie Clémentine de le Féronnière.

À partir de ses propres photographies, l’artiste découpe les tirages, il les enveloppe dans des papiers anciens chinés, avant de les assembler à nouveau, minutieusement. Ce qui disparaît laisse place à une autre forme de visibilité. Cette tension entre présence et absence constitue le cœur de son travail. Les couleurs s’équilibrent et les géométries se répondent, l’œil circule librement entre les surfaces.

Jesse Willems, Sentimental Value, 2026. © Galerie Clémentine de le Féronnière.

Les fragments photographiques dialoguent avec la matérialité des papiers anciens, créant des compositions qui évoquent autant les collages des avant-gardes que les découpages de Matisse. Cependant l’artiste ne renonce pas au réel ; il en extrait une mémoire visuelle, débarrassée de ses repères narratifs. Jesse Willems interroge ainsi l’objet qu’est la photographie, qu’est-ce que l’on choisit de montrer à travers elle ?

Jesse Willems, Aureola I, 2026. © Galerie Clémentine de le Féronnière.

Avec Macchia, Jesse Willems invite à ralentir, l’artiste propose de regarder autrement, de manière plus attentive ou plus contemplative, où la photographie retrouve sa capacité à surprendre, par ce qu’elle laisse émerger chez le spectateur.

 

Légende de l’image mise en avant :  Jesse Willems, Vue de l’exposition Macchia, 2026.© Galerie Clémentine de la Féronnière.

 

Galerie Clémentine de la Féronnière

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