Reprendre la mélodie de Hiroshi Sugimoto, Musée Soulages  

Reprendre la mélodie de Hiroshi Sugimoto, Musée Soulages   

Depuis le 11 avril et jusqu’au 13 septembre le musée Soulages de Rodez accueille l’une des figures majeures de la photographie contemporaine : Hiroshi Sugimoto. Reprendre la mélodie, réunie près d’un demi-siècle de création et met en dialogue l’univers du photographe japonais avec celui de Pierre Soulages.

///Chloé Hamon

Hiroshi Sugimoto, Revolution 002 N. Atlantic Ocean New Foundland, 1982.

Né à Tokyo en 1948, il vit et travaille entre le Japon et New York, Hiroshi Sugimoto développe depuis les années 1970 une œuvre où la photographie dépasse la simple représentation du réel pour interroger le temps, l’espace et la perception de celui-ci. Cette approche trouve un écho naturel dans celle de Pierre Soulages, dont la réflexion sur la lumière, l’espace et la durée constitue l’un des fondements de son œuvre.

Hiroshi Sugimoto, Opticks 566, 2022.

Le titre de l’exposition « Reprendre la mélodie » est la traduction du terme japonais honka-dori. Cette tradition consiste à s’inspirer d’une œuvre ancienne pour en proposer une nouvelle interprétation. Loin de la copie, Sugimoto revisite ainsi des paysages, des œuvres picturales ou des phénomènes naturels afin d’en révéler une dimension intemporelle.

Le parcours rassemble huit séries emblématiques, couvrant l’ensemble de la carrière de l’artiste. Les célèbres Theaters ouvrent l’exposition : réalisées en photographiant une séance de cinéma dans son intégralité, elles montrent des écrans d’un blanc éclatant, saturés par toute la lumière du film. Les Seascapes, marines épurées où ciel et mer se rejoignent par la ligne d’horizon. Presqu’abstraits, ces espaces invitent notre regard à une contemplation silencieuse.

Vue de l’exposition : Hiroshi Sugimoto, Reprendre la mélodie. Musée Soulages Rodez. Crédit Photo : Studio Sugimoto.

Le visiteur découvre également Pine Trees, s’inscrit pleinement dans la thématique de l’exposition. Ces grandes œuvres sont inspirées des célèbres paravents du peintre Hasegawa Tōhaku. Nous trouvons également des œuvres colorées de la série Opticks : obtenues à partir d’une observation de la décomposition de la lumière, les couleurs se fondent les unes aux autres du bleu au vert et de l’orange au noir.

Hiroshi Sugimoto, Opticks 661, 2025.

D’autres séries sont à découvrir comme Brush impression qui reprend une esthétique calligraphique, Hiroshi Sugimoto transpose dans ses photographies une tradition ancienne dans un medium contemporain.

Cette exposition est pensée comme une véritable promenade méditative, la scénographie a été conçue par Sugimoto lui-même. Certaines œuvres dialoguent également avec les collections permanentes du musée, renforçant les résonances entre les deux artistes autour de la lumière, du noir, de la ligne d’horizon et du rapport au temps.

Vue de l’exposition : Hiroshi Sugimoto, Reprendre la mélodie. Musée Soulages Rodez. Crédit Photo : Studio Sugimoto.

Après Versailles, le Palais de Tokyo ou l’Institut Giacometti, Hiroshi Sugimoto investit cette fois le musée Soulages dans un projet conçu spécifiquement pour ses espaces. Une rencontre rare entre deux créateurs qui, chacun dans son langage, invitent le regardeur à ralentir, contempler et éprouver le temps et l’espace autrement.

 

Légende de l’image mise en avant : Hiroshi Sugimoto, Opticks 632, 2024.

 

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