Formes Ouvertes – Olle Bærtling à l’Institut suédois

Formes Ouvertes – Olle Bærtling à l’Institut suédois

L’Institut suédois à Paris consacre actuellement une exposition à l’artiste suédois Olle Bærtling (1911-1981) avec Formes ouvertes, un parcours qui met en dialogue près de trente années de création du peintre et sculpteur avec les œuvres de sept artistes contemporains internationaux. À travers peintures, sculptures et installations, l’exposition interroge la vitalité et la pertinence actuelle de l’abstraction géométrique.

///Gaël Martin

Olle Bærtling, Odiarci, 1958 Courtesy Fondation Olle Bærtling Photo : Inu Enescu

Figure majeure de l’art abstrait nordique, Bærtling développe dès les années 1950 la théorie de la « forme ouverte », un système de compositions fondé sur des angles et des diagonales qui refusent toute clôture géométrique. Les formes semblent se prolonger au-delà de la toile, dans un mouvement qui se projette vers l’infini. Influencé par ses séjours à Paris et ses échanges avec des figures comme Auguste Herbin ou les membres du Groupe Espace, l’artiste affirme une vision radicale de la peinture comme espace dynamique et expansif.

Olle Bærtling, Ogaflyk, 1956 – Courtesy Fondation Olle Bærtling Photo : Inu Enescu

Ses compositions, caractérisées par des triangles aigus et des couleurs éclatantes, reposent sur une tension constante entre équilibre et mouvement. Pour Bærtling, la couleur agit comme un véritable moteur perceptif, capable d’activer la rétine et d’ouvrir l’œuvre à une dimension mentale autant que spatiale. Cette recherche d’un langage abstrait universel irrigue toute sa pratique, qui s’étend également à la sculpture, au textile et à des projets monumentaux destinés à l’espace public.

Olle Bærtling regardant sa sculpture Asamk (1961) présentée dans l’exposition « Aspect 61 » à Liljevalchs Konsthall, Stockholm, photo : Lennart Olson © Hallands Konstmuseum

L’exposition met cette pensée en perspective avec les travaux de Cécile Bart (née en 1958), Rana Begum (née en 1977), Ulla von Brandenburg (née en 1974), Jacob Dahlgren (né en 1970), Bernd Ribbeck (né en1974), Bella Rune (né en 1971) et Brooklin A. Soumahoro (né en 1990). À travers des médiums variés, dont installations, textiles, peintures ou sculptures, ces artistes prolongent ou déplacent la notion de « forme ouverte », révélant la diversité des trajectoires contemporaines de l’abstraction.

Brooklin A. Soumahoro ,Window, Ylw/Pnk.1.24, 2024 Courtesy of the artist and Rodolphe Janssen, Brussels Photo : Paul Salveson

Vue de l’exposition, Photo : Vinciane Lebrun © Institut suédois

En filigrane, une question traverse le parcours : l’utopie moderniste d’un langage abstrait universel est-elle encore possible aujourd’hui ? Formes ouvertes propose d’y répondre en montrant que l’abstraction n’est pas un héritage figé, mais un champ de recherche toujours en mouvement, capable de se renouveler à travers de nouvelles sensibilités et de nouveaux contextes.

Vue de l’exposition, Photo : Vinciane Lebrun © Institut suédois

Légende de l’image mise en avant : Vue de l’exposition, Photo : Vinciane Lebrun © Institut suédois

Institut suédois

  • Adresse : 11 rue Payenne
  • Code postal : 75003
  • Ville : Paris
  • Pays : France
  • Tel : 01 44 78 80 20
  • Site Internet : www.si.se/Paris/Francais/
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