Incarnations des émotions à la galerie Frédéric Moisan

Incarnations des émotions à la galerie Frédéric Moisan

Du 3 mai au 15 juin, la Galerie Frédéric Moisan présente une exposition collective intitulée Incarnations. L’exposition réunit le travail de quatre artistes : Megumi Terao, Marianna Gefen, Stéphanie Sautenet et Sandra Martagex. Toutes les quatre sont unies par la pratique du dessin et la figuration de mondes oniriques et émouvants. Cette exposition est présentée comme étant « une manifestation de métamorphoses et mythes qui nous font voyager dans l’inconscient et la sensibilité humaine ».

 

/// Alina Roches-Trofimova

 

Comme les rêves qui s’incarnent à travers les personnages et à travers le dessin lui-même, les oeuvres des quatre artistes développent des univers singuliers — chacune ayant ses spécificités esthétiques et sa sensibilité — mais unis par une même aspiration à représenter l’onirique et à matérialiser l’intensité des émotions. A travers ces dessins, les sentiments humains prennent forme, les traits et les couleurs les font rayonner dans et autour des personnages, dans un geste qui va vers l’extérieur, qui s’aventure au-delà des silhouettes représentées et vient nous saisir. Ce sont les dessins de mondes intérieurs qui, paradoxalement, entrent au-dehors d’eux-mêmes.

 

Marianna Gefen, Eros, Dessin et aquarelle, 21 x 30 cm, Tirage: oeuvre unique

 

Chez Marianna Gefen, la représentation de l’émotion passe par la couleur : la palette irradie les personnages, se propage en tâche d’huile jusqu’à sembler constituer les organes humains — une émotion qui prend aux tripes, s’empare de tout le corps et fait vivre les silhouettes dessinées. Les couleurs sont associés à des sentiments, comme par exemple le bleu pour l’espoir ou le rouge pour le désir. Se dégage également une impression de fluidité, comme si les corps étaient envahis par des fluides colorés qui les animent à la manière du sang. Le travail de Marianna Gefen est également empreint d’une forte sensualité que nous retrouvons chez Sandra Martagex, l’une des autres artistes de l’exposition.

 

Sandra Martagex, Tempête, 2020, Dessin, 20 x 28 cm, Tirage: oeuvre unique

 

Sandra Martagex articule quant à elle ses dessins autour du désir et en particulier du désir féminin. L’évocation de la sensualité passe notamment par le dessin des cheveux et des poils qui constituent un prolongement du désir au-delà du corps stricto sensu, un rayonnement des émotions. Les cheveux se confondent avec d’autres traits pour former une toile envoutante. La dominante de rouges assimile les traits à autant de vaisseaux sanguins irrigués par le désir. Ce désir si vif en vient même parfois à dévoiler les os, les organes, les réseaux veineux. Nous sommes face à des dessins de chair palpitante, d’un corps mu par ses émotions.

 

Stéphanie Sautenet, Vortex, 2019, Dessin et encre, 21 x 15 cm, Tirage: oeuvre unique

 

Le travail de Stéphanie Sautenet est peuplé de créatures aux allures monstrueuses, vacillant entre rêves et cauchemars et entraînant le spectateur dans un vortex de traits et de figures. Le dessin fait émerger un monde grouillant, fait de symboles qui matérialisent une richesse émotionnelle et tissent la toile de nos mondes intérieurs. Le noir et blanc renforce cette impression de profusion contribuant à un effet d’entremêlement des figures et mettant en exergue leur profusion. Comme chez Sandra Martagex, les traits de crayon deviennent des vaisseaux qui font vivre les oeuvres et renversent la logique de la représentation : les émotions ne sont plus représentées par le corps, mais c’est le corps et l’esprit qui sont représentés par une matérialisation figurative et foisonnante de la pensée et des sentiments.

 

Megumi Terao, Sans titre, Dessin, 30 x 32 cm, Tirage: oeuvre unique

 

De son côté, Megumi Terao fait émerger l’intériorité d’une manière plus implicite, avec une émotion toute en retenue. Les personnages sont comme en dehors du monde qui lui est laissé hors-champ, il y a une autonomie des sujets qui les représente dans ce qui semble être des bulles, des fragments qui laissent le contexte de côté, autant de petits mondes à eux peuplés de leurs émotions. En creux, se dessine toute la richesse des êtres. Toutefois, quelque chose demeure insaisissable et la beauté du dessin est ici contenue dans ce qu’il a de silences. Enfin, les couleurs semblent indiquer une tonalité émotionnelle et installent autour des personnages un cocon d’humeurs.

 

Megumi Terao, Sans titre, Dessin, 32 x 40 cm, Tirage: oeuvre unique
 

Visuel de couverture :  Marianna Gefen, High hopes, Dessin, Aquarelle, 21 x 30, Tirage : oeuvre unique

 

Galerie Frédéric Moisan

  • Adresse : 72 rue Mazarine
  • Code postal : 75006
  • Ville : Paris
  • Pays : France
  • Tel : 01 49 26 95 44
  • Site Internet : www.galerie-fmoisan.fr
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Galerie Frédéric Moisan

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