Depuis le 30 mai et jusqu’au 25 juillet, la Galerie Almine Rech Paris, Matignon propose une exposition d’une sélection de quatorze œuvres des trois membres fondateurs du groupe ZERO : Otto Piene, Heinz Mack et Günter Uecker. Né dans les années d’après-guerre le groupe ZERO rejette les formes d’expression traditionnelles, en utilisant des matériaux nouveaux et des nouvelles technologies.
///Chloé Hamon

Fondé en 1957 en Allemagne, le groupe ZERO revendique un point de départ radical : repartir de zéro. À contre-courant de l’expressionnisme et des traumatismes encore visibles de la Seconde Guerre mondiale, Piene, Mack et Uecker cherchent un langage universel fondé sur la lumière, le mouvement, l’espace et le temps. Leur ambition n’est pas de représenter le monde, mais d’en révéler les forces invisibles. Cette quête est illustrée par l’exposition de quatorze de leurs œuvres.
Les peintures historiques d’Otto Piene témoignent de son expérimentation du feu. Dans ses compositions, la combustion devient un acte créateur, faisant surgir des paysages où la lumière semble triompher de l’obscurité. On retrouve également, une sculpture Kleiner Urknall : « Petit Big Bang » qui montre bien son intérêt pour le commencement et la création première.

Heinz Mack, quant à lui, joue sur la répétition des reliefs, les surfaces d’aluminium embossé et les subtiles variations de gris produisent des vibrations optiques qui évoluent selon le regard et l’éclairage. La lumière devient, ici aussi, un matériau à part entière. Chez Heinz Mack Les surfaces ne sont pas lisses et les motifs abstraits sont discontinus.
Günther Uecker explore une autre dimension de l’espace avec ses célèbres tableaux cloutés. Les centaines de clous, plantés dans la surface de la toile, génèrent un jeu d’ombres qui varient selon les points de vue. Derrière cette écriture plastique se cache aussi une mémoire personnelle, celle d’une Allemagne marquée par la guerre et la reconstruction.

Près de soixante-dix ans après la naissance de ZERO, le message est toujours empreint de modernité. Face à un monde saturé d’images, de bruit et de crises, les trois artistes célèbrent le silence, la lumière et les phénomènes naturels. Dans leurs oeuvres, les trois artistes cherchent à réconcilier le progrès technique avec la nature, ouvrant ainsi une réflexion qui résonne fortement avec les préoccupations contemporaines.
En réunissant ces trois pionniers, la Galerie Almine Rech rappelle que l’idée de « zéro » n’est pas une fin, mais le point de départ d’un nouvel élan. C’est aussi une invitation à regarder autrement notre rapport au monde, entre matière et lumière.
Légende de l’image mise en avant : Vue de l’exposition, Oeuvres de Günther Uecker. © Galerie Almine Rech.
